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Titre ravageur, trollesque, improbable... mais il décrit très bien le choc que j'ai eu en installant la dernière version bêta de Joomla 1.6 (la 8ème).
Avant de partir dans le coeur du sujet (et la guéguerre qui anime les chapelles des CMS) voici un petit historique et une explication de ce qu'est Joomla, WordPress, SPIP, Drupal et tous les autres "CMS". Je vous préviens c'est écrit un peu en live, le sujet me tenant particulièrement à coeur.
HISTORIQUE ET EXPLICATIONS
Il y a fort fort longtemps, un mec s'est dit (en inventant internet) qu'on allait pouvoir écrire des documents comme dans Word mais qu'on pourra les lier entre eux par des liens. Un Concept magique ! BigUp pour tout ceux qui se rappellent des logiciels comme Microsoft FrontPage, Netscape Composer, Namo et DreamWeaver 1-2 et 3.
En gros c'étaient des "Word" ou des "OpenOffice" qui permettaient de créer des documents qu'on pouvait mettre sur le web.
1er problème : la quantité
Comment organiser son petit site si on y écrit ou référence plus de 10 pages ? On commence à y mettre un menu qu'on duplique sur toutes les pages de son site (et oubliez l'idée même d'avoir une pagination). Et quand il y a une modification à faire dans le menu il faut la reproduire sur toutes les pages. Fastidieux et ingérable. On triche avec des frame et iframe mais ce n'est pas standard, dégueulasse et impossible à référencer sur Lycos/Voila.fr/AlstaVista.

Bref, on a rapidement besoin d'avoir "un genre de logiciel" dans lequel on tape tous ses articles, on choisi comment ça va s'afficher, son menu, ses catégories et boom. Le site est fait, c'est le "logiciel" qui gère tout. C'est ce qu'on appelle un CMS : Content Management Systeme (= Système de gestion de contenu). Tout simplement, c'est le logiciel qui gère le contenu #CQFD.
Petit à petit sont apparus les PHPNuke, PHPbb, YaBB, DotClear, Xoops, WordPress, SPIP, Mambo, Joomla, Drupal, DotNetNuke, j'en passe et des meilleurs.
Certains spécialisés dans dans les forums, les communautés éducatives, les jeux vidéos, etc. Bref, dans les discussions ça déconne pas et c'est pire qu'une guerre Windows/Mac ou Nikon/Canon entre les utilisateurs. Petit à petit beaucoup de projets sont morts (ou certains encore en état végétatif) dû à leurs technologies, leurs développements ou tout simplement leurs communautés.
De Mambo à Joomla
Une chose est certaine, prononcez le nom "Mambo" ou "Joomla" lors d'une discussion et soit les gens vomiront spontanément ou soit ils vous applaudiront. En gros soit t'as tout compris et tu te prends pour un mec Unique au monde comme un DDW (pour Dieu Du Web), soit t'as rien compris et tu l'as vraiment mauvaise #poppers.
Un petit peu d'histoire : A la base, c'est une société qui s'établit en 2000 et qui décide de créer un logiciel permettant à n'importe quel boite de créer son site web, de gérer son contenu, ses pages, les formulaires de contacts et d'ajouter des fonctions par des "plugins". Donc déjà on s'oriente pour une utilisation et un usage pro, ce qui caractérise bien Mambo ou Joomla dans sa philosophie. On est pas là pour rigoler et faut que ça soit Corporate (même si tu peux en faire un skyblog-bis sans souci, qui peut le plus peut le moins).
En gros, c'est un genre de Windows ou de MacOS qu'on envoie sur son hébergement web et à partir du quel on peut écrire des documents, les organiser et y rajouter d'autres logiciels par dessus pour avoir plus de fonctions (les fameux plugins). A cette époque, disons le franchement et comme quasiment tous les autres CMS : ça bug souvent, ça plante, c'est pas sécurisé.. mais il n'y a rien d'autre et c'était le début de tout. Pouvoir organiser son site d'une manière "dynamique" est tellement énorme qu'on se contente des aléas de la vie.
De 2001 à 2005 Mambot passe de logiciel propriétaire payant à OpenSource. N'importe qui peut l'utiliser, le télécharger et contribuer au développement. Cool baby! Bon, il n'empêche que même s'il dispose déjà de fonctionnalités endiablées comme les modules, l'apparition d'objets où on veut et quand on veut et les possibilités quasi-infinis de mode d'affichage il est sacrément bugué et plutôt lourd. MAIS encore une fois : c'est le seul à proposer des trucs aussi hallucinant gratuit et à dispo de tous. Donc on s'en contente et on est bien content avec.
Entre temps Mambo gagne un max d'awards en tant que "meilleur CMS du monde, linux, champagne-blabla-toutça". Moitié 2005 c'est le gros drame, une société qui avait racheté la boite à l'origine de Mambo décide soudainement d'essayer de le refaire passer dans le côté obscure du tout payant et des brevets. Et là, un truc magique se produisit ! Tous les développeurs derrière Mambo répondent : Okay les cols-blancs, ben nous on prend nos cliques et nos claques et on se barre ! LOL !
L'ensemble de la dreamteam se barre, monte un site et depuis les bases de Mambo et crée une copie qu'ils ont appelle Joomla (de l'arabe qui signifie "tous ensemble" #kawai). Gros succès, 1000 inscrits bénévoles / contributeurs le jour même pour le projet et on en parle même dans certains journaux aux US (champagne-blabla-toutça). Depuis le CMS a été amélioré, modifié, ré-écrit, complètement ré-écrit, et encore une fois ré-écrit. Autant dire que les mecs qui ouvrent leurs clacs-merde pour troller dans les commentaires en ayant à l'esprit Mambo ou Joomla 1 (avec l'interface rouge) ils peuvent retourner au vestiaire se rhabiller ;-) ! << je vous avez prévenu, CayLaGairre.
Des sites j'en ai monté et démonté pas mal depuis la fin des années 90. HTML-Caca, XHTML-Strict au bloc note (si si), DotClear, WordPress, Joomla, Drupal et SPIP. Blogs, institutionnels, extranets le tout dans des domaines variés (restaurants, mode, immobilier, finance, tech, librairies, automobile). Je suis pas "expert", mais j'ai bien tourné et je dois encore me coltiner certains d'entre eux actuellement. Autant être clair : ils ont chacun des usages bien spécifiques qui délimitent leur périmètre d'utilisation. Par exemple, il apparait clairement que SPIP c'est une grosse merde en wiki qui date d'un autre sièle (et je pèse mes mots). Mais manque de bol c'est le seul à pouvoir proposer certaines fonctions que les autres n'ont pas (du moins nativement et sans hack).
Maintenant que nous avons revu l'Histoire des CMS et de Joomla, passons à ce qui nous intéresse le plus : l'usage.
Joomla 1.6 : le CMS rêvé ?
Ce qu'on entend la plupart du temps à propos de Joomla c'est : j'y comprend rien, cay trop compliqué. Traduction rapide : j'ai mes habitudes sous Wordpress où le bouton est à gauche, et s'il est à droite je suis perdu. C'est caricaturale mais malheureusement vrai la plupart du temps.
Le plus amusant dans ce type de réaction c'est que c'est le type de personne qui ne "supporte" pas passer du temps à installer son blog/site mais qui peut passer des heures à essayer de faire marcher un design, à placer un élément à gauche plutôt qu'à droite ou à mettre à jour lors d'une nouvelle version. C'est un type de "consommation immédiate".
"Le but, c'est que comme j'y captage pas grand chose à la technique, je veux rapidement avoir quelque chose de visuel à me foutre sous la dent" En gros, si cet utilisateur passe plus de 2 à 3h avant de pouvoir poster un article il caca-nerveuse son clavier et il y comprend plus rien.
Par contre, si par la suite il doit passer plus de 1 nuit à mettre à jour son WordPress, installer un plugin ou déplacer les éléments du design, là ça va pas le gêner. Ca sera un genre de challenge ou un "exploit". Ce qui pour le coup, prend 2 clic sous Joomla et moins de 15 secondes. Faut juste avoir compris la philosophie et connaître le chemin (ambiance seigneur des anneaux).
Donc pour résumer : les dizaines ou centaines d'heures que vous pouvez passer à essayer de faire marcher un plugin, une mise à jour, à vouloir personnaliser vos menus ou l'affichage de vos sections ou tout simplement les éléments qui entourent votre contenu : ça n'existe pas avec Joomla. Vous avez juste besoin de passer du temps une fois à comprendre le fonctionnement (c'est mieux que d'essayer de comprendre du code PHP ou HTML à chaque modif).
Donc pour résumer 2 : oui, l'interface à l'air forcément moins hostile et moins clean qu'un wordpress.

Mais c'est comme vomir sur Linux en disant que c'est trop compliqué, acheter un Mac et finir dans le terminal UNIX parce qu'aucune fenêtre propose les options que vous cherchez. Avouez que c'est con, et pourtant la quasi-totalité des gens sous WordPress sont dans ce cas.
On installe wordpress, on est heureux de voir quelque chose à l'écran, et on file modifier et triturer le truc dans tous les sens pour en faire un château de cartes qu'on essaie de faire tenir à chaque mise à jour ou plugin. Et bien pour une fois essayez de faire l'inverse. Installer Joomla, passez un peu plus de temps à préparer les bases de votre site, et le reste du temps passez le à l'alimenter et à créer. Comme pour une maison : passez plus de temps aux fondations pour que ça tienne une bonne fois pour toute au lieu de continuellement essayer de faire tenir les murs à chaque déplacement de meuble.
Appartée sur WordPress
Il n'en reste pas moins un incroyable et plus performant moteur de blog que Joomla. Soyons clair aussi sur ce point. Mais malheureusement la plupart des gens ne veulent plus simplement faire un blog et cay tout. Ils veulent des menus, configurer des modules à des emplacements spécifiques, rajouter des fonctions sociales, etc. En gros ils veulent un site, un vrai.
Mais si vous souhaitez juste un blog, UTILISEZ WORDPRESS et rien d'autre ! Vous en serez ravis à 100%.
A savoir aussi que le créateur et les developpeurs en charge de WordPress en sont conscient et prévoient dans les futures versions de se rapprocher assez rapidement des fonctions de Joomla, notamment de la 1.6. N'hésitez pas à vous rendre sur le blog de WordPress régulièrement pour en savoir plus. Reste à savoir s'ils auront assez de balls pour tout ré-écrire et pas empiler, quitte à casser la rétro-compatibilité et à faire chouiner les utilisateurs encore sous wordpress 1 ou 2 à l'heure actuelle.
Joomla 1.6 BETA 8 à l'usage
✓ Possibilité de placer des objets où on veut et quand on veut autour du contenu ✓ Changement de design à la volée en fonction de l'endroit où navigue l'utilisateur ✓ Multilangue natif et changement par l'utilisateur à la volée ✓ Possibilités illimités de mode d'affichage de ses articles (à la suite, en colonne, en intro, etc.) ✓ Un ACL permettant de contrôler extrêmement finement les autorisations et droits de chacun etc, etc !
Vous êtes aussi sur le cul que moi maintenant je suppose. Vous l'aurez donc compris, Joomla 1.6 va être une merveilleuse version qui va en même temps tirer partie de la large communauté beaucoup plus axée "professionnel" que WordPress, tout en ayant étant été ré-écrite pour répondre aux besoins d'aujourd'hui.
Créer un petit blog, comme un site d'actualité à contributeurs et social que vous souhaiter monétiser ou un site institutionel en multilangue : c'est déjà en partie possible possible et ça sera full-natif.
Selon les dernières informations les bêtas de Joomla 1.6 vont se succéder très rapidement pour que la première R.C. arrive avant Noël et la première version finale au printemps 2011. N'hésitez pas à déjà commencer votre site avec la version 1.5 actuelle pour tout simplement migrer quand la nouvelle sera disponible !
Donc pour conclure sur ce titre, WordPress ne mourra sans doute jamais. Il y a très peu de chance que vous voyez sur le site "WordPress est mort, allez voir ailleurs" tout comme PHPNuke & cie. Et c'est un excellent logiciel pour certains types d'usages (blog, plateforme de blog, etc.), donc il n'y a pas de raison.
Là où se situe la question est plutôt ici : Pourquoi un logiciel plus simple qu'un autre vous demande plus de temps au final qu'un logiciel complexe ? Parce qu'il n'est pas adapté à vos usages et ce que vous souhaitez en faire. Tout simplement.
Et si c'est le cas, arrêtez de perdre du temps continuellement à chercher à faire fonctionner votre site et passez le plutot à écrire, créer ou à le monétiser. Ne choisissez pas un outil parce que vous le connaissez et que vous y avez vos petits souliers. Choisissez un outil qui correspond à vos besoins et restez toujours en veille.
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